Pop Culture

Cabaret Frappé : Stracho Temelkovski + Moriarty et Christine Salem, une soirée sous le signe du voyage

Malgré une météo pas vraiment clémente, une foule dense se rassemblait hier au Jardin de Ville de Grenoble pour assister à cette première soirée du Cabaret Frappé, en (bonne) compagnie de Sena Dagadu, Stracho Temelkovski et Moriarty et Christine Salem. 

18h, je sors du boulot, temps de chiotte, je meurs de faim : le concert de Sena Dagadu, ce sera sans moi (bouffer ou écrire, il faut choisir, ce qui est plutôt ironique quand on bouffe justement en écrivant. Mais laissons là ces considérations philosophiques.) 20h30, je décolle mollement en direction du chapiteau, pas vraiment stimulée par les conditions climatiques. 21h, me voilà en place, prête à assister au premier concert sous le chapiteau de cette seizième édition du Cabaret Frappé : Stracho Temelkovski.

Stratcho Temelkovski, l’invitation au voyage

Stracho Temelkovski

Après quelques minutes d’attente, je vois arriver sur scène une petite vingtaine de personnes. Et moi qui croyais que c’était un mec tout seul avec plein d’instruments bizarres, quelle surprise ! Ah non, il s’agit en fait des intermittents qui viennent nous rappeler qu’on n’encourage pas la culture en coupant les budgets et qu’il est un peu facile de faire porter le chapeau à une infime partie de la population, qui soit dit en passant galère depuis toujours et sans qui tous les festivals de l’été ne pourraient exister (pas plus que les concerts, pièces de théâtre, films, etc.). Pas bien compliqué pourtant, mais il faut croire que les politiques mettent un point d’honneur à comprendre de la même façon qu’ils s’expriment, c’est-à-dire d’une façon inintelligible pour le commun des mortels. Mais bref.

Voilà donc Stracho Temelkovski qui entre en scène, et il est bien a) tout seul b) entouré d’instruments bizarres (on ne m’avait pas menti). Un peu long à partir, son set prend de l’ampleur dès la quatrième ou cinquième chanson et nous transporte dans un voyage immobile entre Orient et Occident. Le tout entrecoupé d’interventions parfois sibyllines qui laissent mes voisins de droite perplexes (“Mais alors, tu crois qu’il voulait dire ça ?” “Ben j’en sais rien.”). Son talent de musicien est par ailleurs servi par une présence scénique à la fois bonne franquette et spontanée qui fait mouche, et on sort de son concert le sourire aux lèvres avec l’envie de découvrir un peu plus à la fois sa musique et le type tout sympa qui se cache derrière. Quelques instants plus tard, c’est au tour de Moriarty et Christine Salem de faire leur entrée.

Moriarty et Christine Salem, mélange d’influences réussi

Moriarty et Christine Salem

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Moriarty et Christine Salem, c’est l’alliance à la fois improbable et réussie de l’univers blues swing de Moriarty et des chants maloya de Christine Salem, originaire de la Réunion.

Deux univers qui se confrontent et se mélangent pour un résultat détonnant. Le public est en transe, les musiciens s’amusent comme des petits fous : l’ambiance est au rendez-vous. Les deux chanteuses, chacune dans leur registre, se donnent la réplique et se complètent, et finalement, un pari qui paraît au premier abord risqué se transforme en évidence.

Les musiciens finissent finalement par réussir à quitter la scène après deux rappels et une foule qui en redemande !

Et ce soir, c’est soirée reggae au Cabaret avec Meta & the Cornerstones et Ky Mani Marley (l’un des multiples fistons de Bob), mais avant tout, à 19h au kiosque du Jardin de Ville de Grenoble, venez écouter gratuitement Maya Kamaty, autre chanteuse réunionnaise.

Et pour vous mettre en bouche pour les soirs à venir, lisez ou relisez les interviews de Joe Bel, As Animals, As A New Revolt et Loran Stahl, directeur-programmateur du festival.

Note : Veuillez m’excuser pour la qualité des photos, mais on ne peut pas être bon partout, et mon petit compact a donné tout ce qu’il avait. Malgré ses efforts, il ne s’est pas transformé en gros réflex, ni moi en photographe.

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Cécile

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