Pop Culture

Cabaret Frappé : Tricky + St-Lô, de part et d’autre de la Manche

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette troisième soirée du Cabaret Frappé a été pleine de surprises. On y était et on vous raconte si vous avez loupé ça (oui vous pouvez le dire, on est sympa).

St-Lô, la claque de la soirée

St-Lô

Lors de l’interview de Loran Stahl, directeur-programmateur du festival, il m’avait confié un petit faible pour St-Lô. Après quelques recherches sur internet et une pléthore d’avis positifs et de commentaires enflammés, j’étais plutôt impatiente de les voir sur scène, sans trop connaître leur musique toutefois.

Résultat : une grosse claque. Une chanteuse pleine d’énergie, au visage ultra-expressif, qui visiblement adore la scène et son public, et deux musiciens tout autant à fond, quoiqu’un peu plus discrets. St-Lô, c’est un groupe composé de musiciens bretons et de Mz. Walidah, originaire de Brooklyn et chanteuse du groupe Brooklyn Funk Essentials. Pour la petite histoire, ils se sont rencontrés dans une chambre d’hôtel à St-Lô, la chambre 415, ce qui a donné à la fois le nom du groupe et du premier album.

Au niveau musical, St-Lô mélange les genres avec brio. Toujours sur une base plutôt électro, on retrouve des influences rock, hip-hop, blues, soul… A ne pas rater si vous avez l’occasion de les voir en concert, et à écouter d’urgence !

Tricky, une performance un peu flottante

Tricky

Pas évident de passer après la boule d’énergie qu’est Mz. Walidah… d’autant plus que 90% du public (au moins) est là pour Tricky. Les premiers morceaux sont plutôt décevants : jugez par vous-même, après une entrée en scène assez insignifiante, il passe la moitié du concert dos au public et pétard à la main (on entend d’ailleurs quelques “Mais TOURNE-TOI !” dans la foule, partagée entre exaspération et admiration, voire fascination). Visiblement complètement absorbé dans sa musique, Tricky ne donne pas l’impression d’être complètement présent, ni conscient. Heureusement, les musiciens et les techniciens assurent (je ne pense pas avoir déjà vu quelqu’un ramasser aussi souvent un pied de micro que ce jeune homme à barbe pendant ce concert).

C’est malgré tout un sentiment de flottement qui domine ce concert : quelques instants d’hésitation entre chaque morceau, des déambulations incertaines sur scène, et des musiciens qui semblent parfois un peu perplexes. Mais tout de même, malgré ses moments d’absence, la légende du trip-hop n’oublie pas d’être sympa : et lors des rappels, c’est une bonne trentaine de personnes qu’il fait monter sur scène, sous les yeux effarés de la sécurité, à qui il va même demander “Please let some more people on stage”. Sale journée pour les vigiles.

En tout cas, ce concert m’a largement évoqué un roman de Salman Rushdie que j’ai eu l’occasion de lire il y a peu : La Terre sous ses pieds, l’histoire compliquée d’un couple de rock stars qui ne peut s’aimer qu’à travers sa musique et finit par s’auto-détruire par amour. Dommage que cette tendance à l’auto-destruction aille souvent de pair avec la condition d’artiste.

Et le Cabaret Frappé, ça continue ce soir avec Natas Loves You, Leonid, Cascadeur et François & The Atlas Mountains. Pour rester dans l’ambiance, lisez notre article sur la soirée du 21 juillet ou replongez-vous dans les interviews de Joe Bel, As Animals, As A New Revolt, Retour de Scène – Dynamusic et Loran Stahl.

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Cécile

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